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Le pire est l’ennemi du moindre mal (3/3)

III. Acteurs plutôt que spectateurs

Les droits de l’Homme sont une des preuves de l’existence d’un idéal humain, l’inaction individuelle face à la souffrance d’autrui celle d’une faiblesse. Comment appréhender cette dualité ? Comment parvenir à adapter son comportement ? Une manoeuvre scabreuse pour notre petit cerveau formaté…

S’émanciper du regard de l’autre

« Ne sommes-nous pas un peu semblables aux moutons ? Nous fuyons celui qui, simplement, nous dérange, pour courir dans les bras de celui qui nous tond et qui nous mange. » (Francis Blanche)

« L’appartenance d’un individu à un groupe déforme la perception de son expression personnelle : cette expression passe, sans qu’il le sache, à travers le filtre de ce qui est dicible dans le groupe et recevable par ses membres » (Saverio Tomasella, Psychanalyste)

S’émanciper du regard de l’autre n’est pas une mince affaire. Le meilleur exemple actuel d’émancipation sociale reste, à mes yeux, mon cher Didier… Oui, Didier Raoult. Un épidémiologiste et médecin plutôt très reconnu dans le monde entier, qui a suscité une polémique ridicule, hystérique et criminelle, à son grand regret je suppose. Dans l’urgence de la crise sanitaire, il a choisi de soigner les malades du covid-19 qui se présentaient à l’IHU de Marseille sans « étude randomisée en double aveugle » préalable (mais avec un traitement issu de molécules pourtant bien connues et prescrites depuis des décennies). Traiter sans attendre, sans s’en remettre à l’idéologie dominante qui voudrait qu’une bouée de sauvetage, en dépit de pauvres gens en pleine noyade, soit d’abord homologuée avant d’être lancée aux victimes. Le serment d’Hippocrate ne serait-il pas incompatible avec les règles de la méthodologie scientifique ? Mais vu que je ne suis « expert » ni en sciences, ni en philosophie, je ne sais même pas de quel droit je me permets de me poser une telle question. Pardonnez-moi.

Concernant l’effet Raoult, j’ai eu l’honneur d’échanger avec un ancien camarade de classe devenu cardiologue dans une clinique : rien à faire. D’emblée, et contre tout argument pouvant déstabiliser son opinion, il était en accord avec la majorité de ses collègues. Je vous épargne ses longues tirades, lors de nos conversations téléphoniques stériles, tentant à prouver le prestige de son admirable parcours et la légitimité de son propos. Nous accordons tant d’importance à être reconnus par nos pairs qu’il devient parfois impossible de penser autrement. La marginalisation fait peur. Cet attribut de la psychologie humaine nous renvoie à l’importance du « clan » évoquée en première partie sur le sujet de l’empathie primitive… Ironie du sort. N’ayez crainte, ces mêmes personnes auxquelles vous prêtez tant d’attention n’hésiteraient pas une seconde à vous écraser si jamais l’occasion se présentait pour elles d’acquérir un peu de pouvoir social supplémentaire. Et ce ne sont pas nécessairement ces mêmes gens qui vous pousseront à la réflexion, au libre-arbitre ou à l’esprit d’initiative. Nous sommes aveuglés par le regard bienveillant du « clan » posé sur nous et qui nous met en lumière dans le brouillard social bien-pensant d’un groupe d’individus. La peur d’une image négative que l’on pourrait nous renvoyer en avançant à contre-courant nous force à nous convaincre de la voie à suivre…

Accepter la critique reste un exercice périlleux. Vous vous dites « écolo » mais on vous reproche d’avoir pris votre voiture pour emmener vos enfants à l’école… Vous êtes contre la souffrance animale mais vous avez mangé un yaourt. Vous critiquez les lobbies pharmaceutiques mais avez consommé du doliprane… On vous lance que vous prônez l’agriculture locale alors que vous mangez une banane. Que faire ? Relativiser et conclure. On peut effectivement acheter des légumes locaux en circuit court et se faire livrer du fromage du Jura parce que c’est très bon… On n’est jamais parfait.

Accepter ses propres limites

« Un esprit solide dans le corps humain, c’est la plus grande force dans la plus grande faiblesse. » (Citation de Isocrate à Démonicos – IVe s. av. J.-C.).

Cette citation nous renvoie à la conscience de nos « limites biologiques » évoquées en introduction. Ce point de vue sera extrêmement facile à contrer pour toutes celles et ceux qui pensent qu’avouer ses faiblesses est justement une forme de faiblesse… Je crois que le pragmatisme reste l’une des forces psychologiques les plus à même de « sauver les meubles » aujourd’hui. Notre cerveau est complexe, les humains sont nombreux, il me paraît utopique de vouloir changer subitement l’Homme en le coupant radicalement de toute modernité. Je remercie certains philosophes de critiquer la psychologie humaine et le désastre que nous vivons actuellement mais que proposent concrètement ces personnes ? Être moraliste et posséder un smartphone, c’est du déjà vu. Je propose simplement de tenter d’améliorer nos capacités d’observer, de réfléchir et d’agir. 

Accepter ses propres limites, c’est vivre avec l’idée qu’on ne peut s’empêcher de cligner des yeux lorsqu’une mouche vole soudainement à leurs abords. C’est comprendre que les erreurs et les incohérences font partie de notre nature. Que l’inhibition n’est pas une tare, mais qu’elle n’est pas pour autant une fatalité. « ORA », Observer, Réfléchir, Agir. Cet acronyme m’est resté de mon instituteur en classe de CM1… Ces mots m’ont conforté dans la sensation qu’il fallait savoir s’affranchir des vérités qui nous étaient inculquées par les « adultes ». L’observation et la réflexion peuvent à elles seules occuper toute une vie sans que l’action ne suive vraiment. Une zone commune à ces trois notions : celle de l’échange verbal. La communication aide à l’observation et à la réflexion, elle précède l’action mais la constitue en partie : communiquer, c’est parler, écouter, réfléchir et  rebondir. Donc initier une action.

Modifier son mode de consommation

Voilà le sujet brûlant… Soyons pragmatiques. Modifier son mode de consommation, c’est du cas par cas. C’est avant tout prendre conscience de ses propres habitudes. Selon le philosophe Peirce, « toute la fonction de la pensée est de produire des habitudes d’action ». Mais l’habitude n’est ni plus ni moins qu’une manière usuelle d’agir, de se comporter. Chacun fera le tri des habitudes qu’il souhaite garder, supprimer, modifier ou même prendre en fonction du rapport qui est le sien entre morale et confort. Le confort, d’après le Larousse (heureusement qu’il est là), a plusieurs acceptions: « Ensemble des commodités, des agréments qui produit le bien-être matériel ; bien-être en résultant » ; « Bien-être, aisance qu’apportent un vêtement, une pièce de mobilier, un véhicule, etc. » ; « Tranquillité psychologique, intellectuelle, morale obtenue par le rejet de toute préoccupation. ». Modifier ses habitudes, c’est donc remettre en question sa propre notion de confort. J’y vois presque des synonymes… Il s’agit dans les paragraphes suivants d’enfoncer des portes ouvertes en énonçant des réflexes à acquérir, déjà bien connus. Mais encore trop peu appliqués par chacun d’entre nous (« moi le premier », comme dirait Macron).

Comme nous l’avons vu en deuxième partie, le marché mondial du pétrole est l’une des causes principales des guerres actuelles et des émissions de gaz à effet de serre. Sachons préférer, lorsque c’est possible, nos jambes, notre bicyclette ou les transports en commun à notre voiture. Habiter à la campagne, c’est bien, mais si vous roulez 12 kilomètres tous les matins pour acheter du pain, c’est moins bien. 

Pour ce qui est de l’industrie textile, la consommation occidentale de vêtements a doublé en l’espace de 15 ans, alors que nous les conservons deux fois moins longtemps… De quoi se convaincre de privilégier des achats de seconde main. Un réflexe qui devrait être adopté de manière générale, pour la plupart de nos achats (une vieille poêle en fonte trouvée dans une brocante vous durera plus longtemps et sera moins chère qu’une TEFAL neuve à l’obsolescence programmée). Si vous achetez du neuf, vous pouvez choisir d’éviter les vêtements venant du Cambodge ou du Bangladesh car nous savons que l’ouvrière ou l’enfant qui est derrière travaille dans des conditions proches de l’esclavagisme. Faut-il privilégier les étiquettes « made in France » ? En 2016, une enquête de l’Overseas Development Institute (ODI) a révélé qu’au Bangladesh, 15% des enfants entre 6 et 14 ans, des bidonvilles de la capitale Dacca, travaillaient 64 heures par semaine dans l’industrie du textile. Ce chiffre s’élève à 50% pour les enfants de 14 à 16 ans. Mais supprimer simplement le travail des enfants du Bangladesh – deuxième pays au monde exportateur de vêtements – peut les mettre en danger. L’accès à l’éducation étant compliqué, leur avenir l’est tout autant. Un vrai casse-tête qui mérite au moins la réflexion de chacun de nous, afin d’agir en notre âme et conscience. L’Inde et à la Chine étant les premiers exportateurs de coton et de soie, sont également concernées par le travail forcé. Nous pouvons ajouter quelques autres pays à ceux déjà énoncés afin de comprendre combien les enfants sont réquisitionnés dans toute la chaîne de l’industrie textile, du champ de coton à l’usine : Mali, Bénin, Burkina Faso, Kazakhstan, Pakistan, Tadjikistan, Turkménistan, Ouzbékistan, Argentine, Azerbaïdjan, Brésil, Paraguay, Turquie, Zambie, Ethiopie, Népal… Voilà une bonne raison de s’engager pour améliorer le système éducatif de ces pays. Et de réfléchir à l’impact du boycott.

Concernant l’alimentation, privilégier les circuits courts peut demander une certaine organisation. Il faut d’abord repérer les magasins, les marchés, les producteurs et les AMAP proches de son domicile. Puis, planifier ses déplacements en fonction de son emploi du temps. Si vous ne vous approvisionnez que rarement au supermarché, c’est déjà une victoire. Dans la question de l’alimentation, il y a celle du budget. Le tout est de savoir si on tient absolument à manger de la viande à chaque repas… C’est cher, et les élevages bovins et ovins sont les plus polluants du fait des rejets importants de CO2. De plus, les engrais répandus sur les cultures destinées à nourrir le bétail (vaches, poulets, humains…) produisent du protoxyde d’azote, ce qui rend les aliments nocifs pour la santé et contribue à diminuer la couche d’ozone. Enfin, l’appauvrissement rapide des terres lié à leur surexploitation est un constat alarmant. L’autre constat alarmant, ce sont les interminables files d’attente de voitures à la réouverture des McDonald’s dès la sortie de la période de confinement dû au Covid-19. D’où ma prudence quant aux différentes idées politiques qui omettent d’appréhender la psychologie humaine telle qu’elle est. 

Vu qu’on parle de Burger, parlons de souffrance animale. Pas de moralisme ici mais pour l’exercice de l’esprit, je laisserai le soin à chacun de se poser la question de sa propre capacité psychologique à tuer un poisson, un porc, une vache, un veau, une dinde ou un agneau. Sans oublier la phase de dépouille qui suit la sentence. Personnellement, je ne suis toujours pas végétarien mais je m’intéresse à l’incohérence entre mon régime alimentaire et l’idée que je me fais de moi-même : d’un homme « qui ne ferait pas de mal à une mouche »… D’ailleurs, la consommation de produits laitiers industriels induit d’accepter que dans la chaîne de production, le veau est en général séparé de sa mère, elle-même exploitée pour son lait parfois jusqu’à épuisement. J’avais décidé de ne pas aborder le sujet de la souffrance animale, c’est raté… Sachez cependant que certains producteurs tentent d’éviter cette tragédie en permettant aux veaux d’aller vers leur mère deux fois par jour avant ou après la traite. C’est toujours intéressant de poser des questions lorsqu’on achète un produit.

Quel que soit notre menu du jour, avec ou sans viande, il n’y a pas de petites économies en matière d’écologie : trier ses emballages ménagers (favoriser les produits vendus en vrac plutôt qu’emballés dans du plastique). Les déchets organiques, aux poules. Pas de poule ? Au compost. Pas de compost ? Dommage. A partir d’un mètre carré de balcon, des possibilités de compost s’offrent à vous… Et pourquoi pas une poule ? Ça vous paraît trop petit un balcon ? Mais c’est un luxe ! Pour le poulet, c’est une vie de bourgeois, surtout si la vue est belle. Quand on pense que dans certains poulaillers industriels, un mètre carré représente l’espace de vie de 18 poules…

Le Boycott de produits ou entreprises ciblés, c’est là notre véritable arme de destruction massive. Contre la pollution de l’air et des sols. Contre le travail forcé des enfants et l’hégémonie des multinationales. Contre la guerre des énergies fossiles et ses nombreuses victimes. Boycottez dès que possible, sans regarder le voisin. Choisissez par exemple Mc Donald’s pour l’industrie alimentaire, les vêtements « made in Bangladesh » pour le textile, Amazon ? Que sais-je…

Enfin, concernant internet, « limiter » ses échanges par e-mails ou les heures passées sur Facebook ne signifie pas « supprimer » sa cyberconsommation (un mot étrange…). Il est important de savoir que la pollution due à la bande passante (autrement dit le débit d’internet) est en train de dépasser celle du transport aérien… Or, 58% de la bande passante mondiale concerne la vidéo, dont 15% pour Netflix. On peut boycotter totalement Netflix mais on peut aussi et simplement tenter d’être plus raisonnable dans sa consommation, moins frénétique… Lire plus de livres ? Nul besoin d’éradiquer tout plaisir, notre cerveau a besoin d’endorphines… Une fois encore, je ne crois pas à la politique du « tout ou rien ». Je serai ravi d’en débattre avec qui voudra.

Engagements associatif et politique

L’engagement associatif  peut ouvrir de belles perspectives. De l’AMAP (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne) aux associations d’aide aux plus démunis, l’éventail est gigantesque. Le principe des AMAP, c’est l’absence d’intermédiaire entre producteur et consommateur. Vous participez à la distribution des produits avec d’autres bénévoles sur un point de vente 1 à 2 fois par mois et vous achetez vos aliments en fonction de l’arrivage et de la saisonnalité. Votre contribution bénévole assure un roulement et permet tout simplement à l’AMAP de continuer à fonctionner. Si vous souhaitez vous engager pour d’autres causes, comme contribuer à assurer les soins médicaux d’enfants syriens en zone de conflit, aider au développement de l’éducation au Bangladesh ou à la réduction de la famine en Afrique, vous serez accueillis à bras ouverts dans bon nombre d’associations. L’esprit d’initiative peut s’avérer très efficace. Les restos du coeur n’existeraient pas si le projet n’avait pas été pensé par un seul individu et porté ensuite par de nombreuses personnes dévouées depuis sa création. La solidarité se perd mais pas chez tout le monde.

Quant à la question de l’engagement politique, cet ouvrage n’a pas pour vocation de peser plus à gauche qu’à droite, ni même au milieu ! Dommage que les socialistes et les médias mainstream se soient appropriés un certain champ lexical mais aucun d’entre nous n’a le monopole de la pensée humanitaire. N’en déplaise à certains : droite ou gauche, c’est le contenant qui change, pas le contenu… Je souhaite à la fois m’adresser aux « bons citoyens » qui votent, et à ceux qui, comme moi au moment où j’écris ces lignes, n’ont jamais voté ou ont arrêté de le faire. Un temps de réflexion est nécessaire pour se poser avant tout la question du vote. Une fois n’est pas coutume, je vais citer Coluche: « Si voter changeait quelque chose, il y a longtemps que ça serait interdit. ». Il ne s’agit pas d’inciter qui que ce soit à l’abstention mais à se demander pourquoi tant de personnes ne votent pas. Les raisons sont certainement multiples et réduire les 20% d’électeurs qui n’ont pas voté aux présidentielles françaises de 2017 à des personnes « indifférentes à la politique » me paraîtrait naïf, même si tout le monde n’est pas politisé à niveau égal. Je n’ai malheureusement pas trouvé d’étude sociologique précise sur les raisons de l’abstentionnisme, toutefois il est clair que le « vote utile » et le « vote protestataire » sont des pièges dans lesquels beaucoup d’entre nous ne souhaitent pas tomber. C’est un fait. Plus terre-à-terre et peu surprenant au vu de l’époque, il paraîtrait que le déplacement physique soit un frein pour une partie des abstentionnistes, qui voteraient plus volontiers par voie électronique.

De belles idées de réforme du vote démocratique émergent avec le principe de jugement majoritaire. Un mode de scrutin inspiré de la méthode de Condorcet, améliorée par deux chercheurs français du CNRS. Le concept repose sur un vote par valeurs, c’est-à-dire que les électeurs ne sont pas appelés à choisir un candidat mais à les juger chacun indépendamment. Ainsi, les calculs mathématiques choisissent le candidat préféré de la majorité des votants, au plus près de leur opinion. Ce qui représenterait peut-être de manière plus fidèle la démocratie dans nos sociétés occidentales. Peut-être aussi un pansement sur une plaie ouverte… Trop de choix consensuels pourraient amener à un exécutif trop approximatif ? Avec cette méthode, on aurait remplacé Sarkozy par Bayrou en 2007 ! La majorité des français aurait dit « oui ». Est-ce que ça aurait été mieux pour autant ? En matière de politique, les gestes les plus sûrs et les plus efficaces restent à mon sens la maîtrise de sa propre consommation et le choix du boycott des produits toxiques, polluants, non éthiques ou inutiles. 

D’autres actions sociales (rassemblements, manifestations, débats…) peuvent également avoir un impact politique relativement important et ne doivent pas être négligées. Il n’appartient qu’à nous de les rejoindre ou de les initier. J’espère que toutes les personnes qui ont applaudi les soignants depuis leur fenêtre durant le confinement en période de crise sanitaire descendront dans la rue le temps venu pour les rejoindre et les accompagner dans leur lutte. 

Autres moyens d’expression 

Tout ce qui peut servir à canaliser ses émotions et vivre dans le présent me paraît bon à prendre. En ce sens, travailler la terre, exercer un sport ou la méditation peuvent se révéler salutaires. 

L’art est à mon sens un moyen d’expression auquel chacun devrait avoir accès dès l’enfance. Une matière obligatoire à l’école au même titre que les mathématiques. Et je ne parle pas de cours de flûte à bec sur fond d’Histoire de la musique à l’époque de la Renaissance.

Ecrire, jouer de la musique, peindre, sculpter… L’activité artistique peut certes devenir un vecteur, déboucher sur une transmission et engendrer une communication. Mais je crois que c’est avant tout la possibilité de transformer des sentiments pénibles en une sensation de plaisir, de se mouvoir en quête d’un assouvissement personnel, vers une forme de liberté individuelle. Friedrich Nietzsche a dit : « La mission suprême de l’art consiste à libérer nos regards des terreurs obsédantes de la nuit, à nous guérir des douleurs convulsives que nous causent nos actes volontaires. » . Et j’entends cette citation de Gilles Deleuze comme son écho : « L’art consiste à libérer la vie que l’homme a emprisonnée. » .

Enfin, les arts martiaux sont un moyen extraordinaire de concentration et d’extériorisation. Une opportunité de communion avec son environnement. Une recherche de sagesse, d’humilité et de paix intérieure. Le créateur de l’Aïkido Morihei Ueshiba nous l’enseigne dans cette belle citation et je terminerai par là: « Nous devons chasser les démons avec la sincérité de notre souffle et non avec une épée ».

CONCLUSION

Vers la perte de notre libre-arbitre ? Vers une haine de soi-même et de l’autre ? Un agacement généralisé, ça c’est certain. 

En écrivant ce présent texte, si court soit-il, j’ai pu me rendre compte que le processus de recherche, de réflexion et de restitution d’idées sur le sujet de la dichotomie entre morale et individualisme était un travail conséquent, et que mon ignorance ne l’était pas moins. Ignorance des mécanismes de la pensée et des opinions sur la base de nos a priori, ignorance des multiples liens qui existent entre notre mode de vie occidental et la violence de notre monde, ignorance sur notre capacité à initier les changements qui nous semblent nécessaires.

Il serait temps de nous recentrer sur nos propres failles. Nous sommes, espérons-le, en mesure d’assumer notre contribution à ce que l’on critique. De reprendre le contrôle de notre pensée, de nos choix de consommation, de notre sens de la mesure.

Et de rester pragmatiques…

Lire « Les Héros de la Planète »…

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