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Le pire est l’ennemi du moindre mal (2/3)

II. Etat des lieux

Essayons d’identifier les liens qui existent entre notre inaction occidentale et le quotidien de millions d’hommes, femmes et enfants qui vivent aujourd’hui un cauchemar éveillé, ainsi que de tous ceux qui en pâtiront dans quelques décennies, à plus grande échelle encore, si nous ne changeons pas nos comportements. 

Un peu d’Histoire… 

Pour bien nous situer dans l’Histoire de la Terre, reprenons du « début ». D’après les recherches cosmologiques en cours, le Big Bang au sens d’ « origine » du Monde serait un non-sens. Nous parlons non pas d’un instant zéro mais d’une compression extrême de l’énergie qui aurait amené à une explosion il y a environ 14 milliards d’années, formant ainsi notre Univers. Il est communément admis aujourd’hui par les scientifiques que cet univers est en expansion depuis cette explosion et que cette expansion est en accélération.

La Terre serait née il y a environ 4,5 milliards d’années. La première forme de vie (organismes unicellulaires) il y a 3,8 milliards d’années. Les premiers dinosaures seraient apparus il y a 230 millions d’années pour s’éteindre il y a 66 millions d’années.

Je fais l’impasse sur l’histoire des poissons, amphibiens, reptiles, mammifères, oiseaux et sur les végétaux. Les hominidés sont apparus il y a seulement 3,8 millions d’années… Et le fossile d’Homo sapiens le plus ancien est daté à environ 300 000 ans. Le début de l’ère industrielle est quant à lui daté de manière beaucoup plus précise… L’année 1760, il y a donc 260 ans. 

Pour résumer de manière imagée, si l’on ramène l’âge de la Terre à 1 an, les plus anciennes traces de vie connues n’apparaissent que le 5 mars, les premiers animaux terrestres sortent de l’eau le 30 novembre. Les dinosaures apparaissent le 26 décembre, et l’Homme de Cro-magnon (avec lequel nous avons la parenté la plus proche) le 31 décembre à 23h56. Je crois qu’il est inutile de faire le calcul en ce qui concerne le début de l’ère industrielle. 

Un article publié sur le site http://www.economie.gouv.fr retrace de façon efficace les moments forts de la révolution industrielle: « A la fin du XVIIIe siècle en Angleterre, puis en France au début du siècle suivant, l’activité économique change de nature en quelques décennies seulement. On passe d’une économie essentiellement agraire à une production de biens manufacturés à grande échelle. L’Allemagne puis les États-Unis, s’industrialiseront à leur tour à partir du milieu du XIXe siècle, puis ce sera la Russie et le Japon à l’aube du XXe siècle. Jamais dans l’histoire de l’économie on n’avait assisté à un changement aussi radical et rapide de modèle économique. Une vraie révolution qui engendrera également des bouleversements sociaux considérables. Les paysans deviennent ouvriers. Ils ne récoltent plus du blé dans les champs mais du charbon dans les mines. Comment expliquer une telle rupture à ce moment là ? La révolution est, au départ, technique. Avec les perfectionnements de la machine à vapeur, la mécanisation se développe et les usines remplacent les manufactures. Les progrès de la métallurgie permettent, par ailleurs, de construire des machines plus performantes. Les gains de productivité sont colossaux. Les innovations se multiplient. Les découvertes ou améliorations en engendrent d’autres : beaucoup d’entre elles n’auraient pas pu voir le jour sans les progrès réalisés dans d’autres domaines. Sans la fonte, pas de chaudière et pas de vapeur. Sans laminoirs, pas de rail et pas de chemin de fer…

Depuis le monde a connu d’autres révolutions économiques, toujours initiées par une innovation technologique ; la dernière en date : internet et les nouvelles technologies de l’information et de la communication qui ont permis la mondialisation. »

Toutes ces proportions ont de quoi donner le vertige, mais pas de panique ! Il nous reste encore les Catastrophes naturelles et les Maladies pour pallier le surpeuplement de la Terre et l’exploitation de l’Homme par l’Homme… Ce Nuisible.

Guerre des énergies fossiles

Il ne s’agit pas ici de faire une analyse géopolitique poussée ou de nous focaliser sur les liens de causalité qui existent entre guerre et pollution, mais de pointer du doigt notre manque d’empathie et notre inaction face aux violences qui ne nous touchent pas directement. Et, pourquoi pas, de mieux comprendre par quels mécanismes nous y contribuons…

Précisons juste que l’accès aux ressources naturelles est l’une des causes principales des conflits armés à travers le monde et risque fortement de le rester à l’avenir. En 2018, le Conseil de sécurité des Nations Unies a indiqué avoir conscience « des effets néfastes des changements climatiques et écologiques, entre autres facteurs, sur la stabilité de l’Afrique de l’Ouest et de la région du Sahel, et notamment de la sécheresse, la désertification, la dégradation des sols et l’insécurité alimentaire ». Et selon un rapport publié par le cabinet d’études Allemand Adelphi et Climate Diplomacy en 2016, « le changement climatique est l’un des facteurs pouvant expliquer la montée du terrorisme dans le monde ».

Mais ne négligeons pas la réciproque : l’activité militaire conduit aussi à aggraver le dérèglement climatique et la destruction des écosystèmes. 

Les énergies les plus prisées à ce jour sont le pétrole, le charbon et le gaz et restent donc la cause principale des conflits internationaux. D’après un rapport de la Mission parlementaire d’information de la commission des Affaires étrangères, les experts (même si je n’affectionne pas tellement ce terme qui m’évoque plus un titre de série américaine qu’une preuve de crédibilité) estiment « qu’au rythme de consommation actuel, les réserves exploitables ne correspondraient plus qu’à une quarantaine d’années de consommation pour le pétrole, à une soixantaine d’années pour le gaz naturel et à environ 230 ans pour le charbon ». 

Pour l’historien et économiste libanais Georges Corm, « Le Moyen-Orient est l’un des carrefours géopolitiques les plus importants dans le monde. C’est le principal réservoir énergétique. C’est aussi le lieu de naissance des trois monothéismes. Il est très facile d’utiliser les symboles religieux pour couvrir d’un voile les enjeux profanes purement politiques, militaires, économiques et autres désirs de puissance et d’hégémonie. ». Il ajoute: « Les musulmans restés fidèles au concept de « religion du juste milieu » sont marginalisés. Aujourd’hui, les médias et les chercheurs ne s’intéressent plus à la sociologie des sociétés arabes, turques, perses… Ils se consacrent à l’étude des réseaux islamistes. C’est un islam abstrait, une méga-identité qui ne veut rien dire mais sert à stimuler cette idéologie du conflit des civilisations. On retrouve le même type de crispation, en ce qui concerne le judaïsme. De très nombreux citoyens européens ou américains de confession juive n’approuvent pas la politique d’Israël. Des groupes de religieux, comme Neturei Karta, ne reconnaissent même pas la légitimité de l’État israélien. Mais ils sont totalement marginalisés dans les médias et la recherche académique. »

Sans pour autant nous désigner seuls responsables des violences du monde – qui demeurent inévitables quels que ce soient l’époque, notre engagement personnel en terme de consommation ou notre influence sur la politique -, il me paraît important de prendre conscience de l’état des relations internationales et de ce que vivent les populations victimes des conflits géopolitiques. Les européens paraissent relativement peu concernés par la souffrance de ces populations étrangères. Encore moins pas la guerre elle-même. Nous nous croyons à l’abri des conflits. Mais rappelons que la seule organisation armée susceptible de représenter l’Europe est l’OTAN et ne constitue pas en soi une organisation européenne… Observons de plus près les chiffres des dépenses liées à l’activité militaire afin de mieux situer la place de la France et de l’Europe dans le Monde.

Un petit tour d’horizon des budgets militaires par Pays 

Nous pouvons noter que L’Inde et l’Arabie Saoudite sont aujourd’hui devant la France. 

Le Brexit ayant eu lieu après la publication de ces chiffres, le budget de l’Europe a significativement perdu du poids. En effet, parmi les pays européens, la Grande Bretagne représentait en 2017 le premier budget de défense. Plus de la moitié des dépenses militaires européennes n’est portée à ce jour que par la France et l’Allemagne.

D’autre part, les vagues d’immigration, issues de ces conflits internationaux, se voient déjà arriver aux portes de l’Europe et ne tendent qu’à se renforcer. Il faudra bien que nous fassions l’effort d’ouvrir nos petits yeux encore éblouis par l’ignorance et le déni. Nous pourrions éviter un tsunami migratoire et commencer à agir en faveur de ces populations dès aujourd’hui, à l’échelle individuelle, selon ses propres possibilités. Comme c’est le cas, par exemple, pour le personnel soignant de « Médecins sans frontières ». Mais il y a mille façons d’aider.

Pour l’exemple, aux frontières de l’Europe existe une zone de chaos, entre Grèce et Turquie, où 24000 humains sont entassés les uns sur les autres dans des conditions d’insalubrité extrême, se nourrissant d’aliments avariés ou ne se nourrissant pas du tout, où même les enfants présentent des troubles psychiatriques et en arrivent à s’auto-mutiler, et pour certains, à se suicider. Le journaliste Pierre Haski résume la situation : « En guerre ouverte avec l’armée syrienne, dans une relation complexe avec Vladimir Poutine, le Président turc a lâché des milliers de réfugiés sur l’Europe pour la pousser à le soutenir. Les 27 payent leurs lâchetés passées »

Jean Ziegler, fidèle rapporteur auprès de l’ONU sur la question du droit à l’alimentation dans le monde nous rappelle un droit fondamental : « L’Europe n’a pas le droit de fermer ses frontières. Le droit d’asile est une conquête de civilisation. Si quelqu’un est bombardé, torturé, persécuté, dans son pays, il a le droit de passer une frontière et de demander protection dans d’autres États. C’est l’article 14 de La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et la Convention de 1951 des Nations Unies sur les réfugiés. […] empêcher le persécuté de déposer sa demande de protection est un crime contre l’humanité commis par l’Union européenne ».

Afin de mieux comprendre ce phénomène, voici le lien vers un article rédigé par le journaliste Pierre Haski et paru le 19 février 2020 sur franceinter.fr. Il est intitulé :  « Selon l’ONU, quelque 900 000 personnes fuient l’offensive de l’armée de Bachar el-Assad, soutenue par l’aviation russe, dans la province d’Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie, plus grande crise humanitaire de ce début de XXI° siècle. ». Nous retiendrons ces deux extraits, qui démontrent parfaitement notre inaction européenne : « Piégés, ces centaines de milliers de civils sont coincés sur les routes ou rejoignent des camps de fortune dans les montagnes, dans l’espoir de recevoir de l’aide. L’ONU évoquait hier le cas d’une fillette morte de froid dans les bras de son père en arrivant dans un camp, tandis que le Dr Raphaël Pitti, un médecin humanitaire français en contact avec des équipes sur place, dénonçait lundi le bombardement, délibéré selon lui, d’une maternité. Pour le Dr Pitti, ce sont des crimes de guerre. » ; « […] Il y avait déjà en Syrie sept millions de personnes déplacées à l’intérieur des frontières, cinq millions de réfugiés à l’extérieur ; il faudra donc y ajouter les 3,5 millions d’habitants sinistrés d’Idlib. Dans les années 90, le monde avait vibré pour Sarajevo, pleuré les morts du Rwanda, en se jurant « plus jamais ça ». Mais cette promesse, une fois, de plus, se heurte au cynisme des nations et à une époque indifférente. Idlib, symbole de notre échec collectif, un de plus. »

Les populations des sociétés européennes nées après 1945, donc actuelles, n’ont connu ni guerre, ni famine, et sont facilement prises de panique à l’idée d’un danger imminent sur leurs territoires respectifs. C’est le cas en ce moment avec la pandémie de Covid-19. Mais nous omettons de replacer notre détresse dans un contexte global et ignorons ainsi les violences qui existent dans des contrées plus lointaines, y compris celles qui se déroulent aux portes de l’Europe. Et je terminerai ce paragraphe en citant l’astrophysicien et philosophe Aurélien Barrau, qui signifiait en date du 21 avril 2020 (plus d’un mois après le début de la crise sanitaire) : « N’oublions pas que le nombre de morts, à ce jour, dûs au covid-19 pour la totalité de la planète, est égal au nombre de morts fait, en 2 jours, par la faim et la pollution en temps normal. Donc il faut quand même remettre les choses en perspective ».

Causes et conséquences de la pollution

Inutile de disserter longuement sur ce sujet, l’impact de notre mode de consommation sur la biodiversité et son rôle dans les violences qui existent dans le Monde n’est plus à prouver. Les conséquences deviennent les causes… Et les causes, les conséquences. Emissions de CO2, surexploitation des terres, destruction des écosystèmes, travail forcé des enfants, conflits armés… Nous nous entraînons nous-mêmes dans une spirale exponentielle infernale depuis le début de l’ère industrielle. Un processus monstrueux que l’on pourrait tout au mieux freiner, afin de gagner un peu de temps, sans pour autant en changer l’issue… Mais ce constat doit-il nous pousser à conclure que l’effort individuel qui consisterait en une réduction de nos actes polluants et indirectement criminels serait inutile et, par conséquent, à nous résigner face à nous-même et au monde industrialisé ? Cette question nous renvoie à la fois à la notion d’impuissance acquise, évoquée en première partie, mais aussi à notre morale individuelle. A notre relation à la nature, puis à notre sens des responsabilités envers les êtres vivants d’aujourd’hui, humains et animaux, et envers ceux qui peupleront la Terre dans les temps futurs. Aux yeux des Eléments, nous risquerions vraiment de passer pour des enfants gâtés qui maltraitent leurs jouets onéreux et qui piquent des crises plusieurs fois par jour pour obtenir leur dose de sucre. 

Une logique implacable nous permet d’établir que la première cause de pollution est l’explosion démographique. Souhaitons-nous pour autant interdire la procréation ou réduire le nombre d’enfants à un ou deux par foyer ? Même si cela était seulement possible, par le biais d’une dictature mondiale, la réponse est de toute évidence « non » (sauf pour les autorités chinoises et pour une extrême minorité d’écolo-fanatiques). Le paradoxe philosophique est là: la démographie amène la souffrance et la mort humaine, que nous rejetons moralement au profit de la démographie… Partons du principe qu’il faudra bien concilier les deux.

La multiplicité et la complexité des liens entre notre mode de consommation et la destruction de notre propre civilisation m’ont convaincu de recourir à une illustration schématique, plutôt que verbale. D’autant plus que de nombreux scientifiques, philosophes et autres auteurs se sont déjà adonnés à cette ardue mission.

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